L’installation des blocs autonomes d’éclairage de sécurité (BAES) constitue une étape critique dans la mise en conformité incendie de tout établissement recevant du public (ERP) ou d’un immeuble de grande hauteur. Une mauvaise implantation ou un câblage défectueux peut compromettre l’évacuation en cas de coupure d’alimentation et exposer le responsable d’établissement à de lourdes sanctions.
Ce guide technique vous présente les règles d’implantation, les exigences de câblage et les étapes clés pour réussir l’installation de vos BAES conformément à la réglementation ERP.
Qu’est-ce qu’un BAES et pourquoi son installation est-elle réglementée ?

Un bloc autonome d’éclairage de sécurité est un luminaire équipé d’une batterie intégrée qui prend le relais de l’éclairage normal en cas de coupure secteur. Il assure l’éclairage d’ambiance ou d’évacuation pendant au minimum une heure, permettant aux occupants de rejoindre les issues de secours en toute sécurité.
La réglementation française, notamment la norme NF EN 60598-2-22 et les arrêtés du Code de la construction, impose des règles précises quant à la localisation, l’espacement et le raccordement de ces appareils. Tout écart peut entraîner un avis défavorable de la commission de sécurité et la fermeture administrative de l’établissement.
Il existe deux grandes catégories : les BAES d’évacuation, signalant les sorties et les cheminements, et les BAES d’ambiance, maintenant un niveau d’éclairement minimal dans les salles accueillant du public. Comprendre la différence entre BAES et BAEH est essentiel avant de définir un plan d’implantation.
Les règles d’implantation à respecter lors de l’installation
Hauteur de pose
La hauteur réglementaire d’installation des BAES est un paramètre souvent sous-estimé. Les blocs doivent être posés à une hauteur comprise entre 1,80 m et 2,25 m par rapport au sol fini. Cette plage garantit une visibilité optimale pour les occupants tout en évitant les risques de détérioration mécanique au niveau des passages.
Pour les BAES de type pictogramme (indiquant une sortie de secours), la partie inférieure du signal lumineux doit se trouver à au moins 2 m du sol, conformément à la norme NF EN ISO 7010.
Distance entre les blocs
Dans les couloirs et dégagements, la distance maximale entre deux BAES consécutifs ne doit pas dépasser 15 m. Cette règle vise à assurer une continuité lumineuse sur tout le cheminement d’évacuation, sans zone d’ombre susceptible de provoquer une chute ou une désorientation.
Aux intersections et changements de direction, un bloc doit obligatoirement être positionné pour indiquer clairement la direction à suivre. Les BAES de sortie de secours doivent être placés directement au-dessus ou à proximité immédiate de chaque issue de secours.
Points obligatoires d’installation
Indépendamment de la distance entre appareils, la réglementation impose la présence d’un BAES dans des zones spécifiques :
- À chaque issue de secours et sortie de bâtiment
- À chaque changement de direction dans les couloirs et dégagements
- Au niveau de chaque escalier (en bas et en haut de chaque volée)
- Dans les locaux techniques et les locaux présentant un risque particulier
- Dans les parkings, à chaque niveau et à chaque sortie piétonne
- Dans les salles recevant plus de 100 personnes (BAES d’ambiance en supplément)
- Devant les tableaux électriques principaux
Pour les BAES en immeuble d’habitation, les règles d’implantation diffèrent légèrement des ERP, notamment pour les parties communes et les locaux communs.
Le câblage des BAES : types de raccordement et exigences techniques
Alimentation secteur et télécommande
L’installation d’un BAES nécessite le raccordement à deux circuits distincts :
- Le circuit d’alimentation 230 V : permet la charge de la batterie interne et l’alimentation de la source lumineuse en mode normal. Ce circuit doit être protégé par un disjoncteur dédié sur le tableau électrique.
- Le fil de télécommande : signal basse tension (typiquement 24 à 48 V continu) permettant de basculer l’ensemble des BAES en mode repos (lumière éteinte) lorsque l’éclairage normal est allumé. En cas de coupure secteur, ce signal disparaît et les BAES s’allument automatiquement.
Ce système à fil de télécommande, également appelé « système à mise au repos centralisé », est le mode de fonctionnement le plus répandu dans les installations professionnelles. Il évite que les BAES restent allumés en permanence, prolongeant ainsi la durée de vie des batteries et des sources lumineuses.
Câblage en série ou en étoile ?
Deux architectures de câblage sont possibles pour relier les BAES entre eux et au tableau de commande :
Le câblage en étoile (ou câblage individuel) consiste à tirer un câble indépendant depuis le tableau de distribution jusqu’à chaque BAES. Cette solution offre une fiabilité maximale : la défaillance d’un appareil n’impacte pas les autres. Elle est recommandée pour les installations de grande envergure ou les zones à risque élevé.
Le câblage en boucle (ou en chaîne) relie les BAES les uns aux autres, le premier et le dernier étant raccordés au tableau de commande. Cette architecture est plus économique en câbles mais impose une section de conducteur adaptée au courant cumulé des appareils.
Quelle que soit l’architecture retenue, les câbles utilisés doivent être de type CR1 (résistant au feu) ou équivalent, conformément aux exigences de l’article EL 5 du règlement de sécurité contre l’incendie dans les ERP. Cette exigence garantit le maintien de l’alimentation même en cas d’incendie à proximité des chemins de câbles.
Section des conducteurs et protection
La section minimale des conducteurs est de 1,5 mm² pour le circuit d’alimentation 230 V et de 0,75 mm² pour le fil de télécommande. En pratique, il est recommandé d’utiliser du 2,5 mm² pour l’alimentation afin de limiter les chutes de tension sur les longues distances, en particulier dans les bâtiments de grande superficie.
Chaque BAES doit être protégé individuellement ou par groupe par un dispositif de protection contre les courts-circuits et les surcharges. Le disjoncteur ou le fusible de protection ne doit pas être partagé avec d’autres circuits, afin d’éviter qu’un défaut sur un circuit tiers ne coupe l’alimentation de l’éclairage de sécurité.
Mise à la terre et continuité de la protection
Tous les BAES à boîtier métallique doivent être raccordés au conducteur de protection (terre). Pour les appareils à double isolation (classe II), cette connexion n’est pas obligatoire mais reste conseillée dans les environnements humides ou poussièreux.
Choix des équipements : BAES standard ou BAES LED ?
Le marché propose aujourd’hui deux technologies principales :
Les BAES fluorescents (tubes ou compacts) : technologie mature, coût d’acquisition faible, mais durée de vie limitée (entre 8 000 et 15 000 heures) et sensibilité aux cycles de charge/décharge fréquents.
Les BAES LED : consommation réduite (jusqu’à 70 % d’économie d’énergie), durée de vie pouvant dépasser 50 000 heures, démarrage instantané à pleine luminosité et meilleure résistance aux variations de température. Leur coût d’acquisition supérieur est rapidement amorti par la réduction des frais de maintenance.
Pour les nouvelles installations ou les rénovations importantes, les BAES LED sont systématiquement recommandés. Ils simplifient également la maintenance, avec des intervalles de remplacement de source beaucoup plus espacés.
Pensez également à surveiller l’état de la batterie : un voyant orange fixe sur un BAES signale généralement un défaut de batterie nécessitant une intervention rapide.
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Étapes pratiques d’une installation BAES conforme
1. Réaliser un plan d’implantation
Avant toute intervention, la première étape consiste à établir un plan d’implantation détaillé sur le plan architectural du bâtiment. Ce document doit indiquer la position exacte de chaque BAES, le type d’appareil (évacuation ou ambiance), la hauteur de pose et le cheminement des câbles.
Ce plan servira de base lors des contrôles de la commission de sécurité et facilitera les opérations de maintenance ultérieures. Il doit être conservé dans le registre de sécurité de l’établissement.
2. Définir le circuit d’alimentation
Le circuit dédié à l’éclairage de sécurité doit être identifié et protégé au tableau électrique général. Il est conseillé de le distinguer clairement des autres circuits par un repérage couleur et un étiquetage précis. Le câble CR1 est tiré depuis le tableau jusqu’à chaque point de fixation, en passant par des chemins de câbles ou des conduits ignifuges.
3. Poser les supports et les boîtiers
Les BAES sont fixés sur des supports adaptés au type de plafond ou de paroi (béton, placo, béton cellulaire). La fixation doit être solide et pérenne : un BAES mal fixé peut chuter lors d’une sollicitation mécanique ou d’un choc, ce qui constitue un risque pour les occupants.
En saillie, le boîtier est vissé directement sur la paroi ou sur un support intermédiaire. En encastré, l’ouverture dans le faux plafond doit respecter les dimensions indiquées par le fabricant, et un cadre de finition doit masquer les bords de découpe.
4. Raccorder les câbles
Le raccordement s’effectue dans le boîtier de connexion du BAES selon le schéma fourni par le fabricant. Les bornes sont généralement identifiées : phase, neutre, terre (si applicable) et fil de télécommande. La connexion doit être réalisée avec des embouts de câblage pour garantir un contact électrique fiable et éviter les desserrages prématurés.
Avant la mise sous tension, il est impératif de vérifier la continuité des circuits et l’absence de défaut d’isolement à l’aide d’un contrôleur ou d’un mégohmmètre.
5. Mettre sous tension et tester l’installation
Après le raccordement, la mise sous tension permet de vérifier le fonctionnement normal de chaque bloc. L’éclairage de sécurité doit être éteint lorsque l’alimentation secteur est présente (mode repos) et doit s’allumer immédiatement en cas de coupure. Un test de la durée d’autonomie (une heure minimum) doit être réalisé lors de la réception de l’installation.
Ces essais doivent être consignés dans le registre de sécurité et dans une fiche de contrôle BAES dédiée, qui sera présentée lors des visites de la commission de sécurité.
Maintenance et vérifications périodiques

Une installation conforme ne suffit pas : la réglementation impose des contrôles réguliers pour s’assurer du bon fonctionnement permanent des BAES.
- Mensuel : test de fonctionnement par coupure de l’alimentation secteur pendant quelques secondes, vérification visuelle de l’allumage et de l’absence de voyant de défaut.
- Annuel : test complet de la durée d’autonomie (une heure) pour chaque bloc, vérification de l’état des batteries, nettoyage des diffuseurs et des pictogrammes.
- Tous les 6 ans (ou selon recommandations fabricant) : remplacement systématique des batteries, quelle que soit leur apparence, pour garantir la durée d’autonomie réglementaire.
Ces interventions doivent être réalisées par une personne compétente et consignées avec précision dans le registre de sécurité. En cas de défaillance constatée lors d’un contrôle, le remplacement ou la réparation doit intervenir sans délai.
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Cas particuliers et points d’attention
BAES dans les locaux humides ou poussiéreux
Dans les cuisines professionnelles, les vestiaires, les locaux techniques ou les parkings, les BAES doivent présenter un indice de protection adapté à l’environnement. Un indice IP 44 minimum est requis pour les locaux humides, et IP 65 pour les environnements très exposés aux projections d’eau ou aux poussières.
BAES dans les zones à atmosphère explosive (ATEX)
Certains établissements industriels ou locaux de stockage de produits inflammables nécessitent des BAES certifiés ATEX. Ces appareils sont conçus pour ne pas générer d’étincelle susceptible d’enflammer les vapeurs ou gaz environnants. Leur installation doit être réalisée par un professionnel habilité et documentée dans le dossier technique de l’installation.
Remplacement d’anciens BAES fluorescents
Lors du remplacement d’anciens appareils fluorescents par des modèles LED, il convient de vérifier la compatibilité du fil de télécommande avec le nouveau matériel. Certains BAES LED utilisent une logique de télécommande inversée par rapport aux anciens modèles : un mauvais câblage peut entraîner un fonctionnement permanent en mode éclairage, consommant inutilement la batterie.
Coordination avec l’éclairage normal
L’éclairage de sécurité doit être coordonné avec l’éclairage normal pour garantir une transition fluide en cas de coupure. Dans les grands établissements, un tableau de contrôle centralisé (TCS) permet de surveiller l’état de l’ensemble des BAES et de détecter immédiatement les défaillances sans avoir à inspecter chaque appareil individuellement.
Obligations réglementaires et responsabilités
Le responsable d’établissement (chef d’entreprise, directeur, gestionnaire d’immeuble) est juridiquement responsable de la conformité de l’éclairage de sécurité. En cas d’incendie avec victime et d’installation non conforme, sa responsabilité civile et pénale peut être engagée.
Les obligations réglementaires liées aux BAES en ERP sont définies par le règlement de sécurité contre l’incendie (arrêté du 25 juin 1980 et ses modificatifs). Ce règlement distingue les exigences selon le type et la catégorie de l’ERP, mais impose dans tous les cas la présence d’un éclairage de sécurité opérationnel.
La commission de sécurité vérifie le respect de ces obligations lors des visites périodiques. Un avis défavorable peut contraindre l’exploitant à fermer l’établissement jusqu’à la mise en conformité.
FAQ — Questions fréquentes sur l’installation des BAES
Quelle est la distance maximale entre deux BAES dans un couloir ?
La distance maximale entre deux BAES consécutifs dans un couloir ou un dégagement est de 15 mètres. Cette règle s’applique en ligne droite ; à chaque changement de direction ou intersection, un bloc supplémentaire est obligatoire pour maintenir la continuité du balisage.
Peut-on installer soi-même ses BAES ou faut-il un électricien qualifié ?
La réglementation n’interdit pas techniquement à un particulier de poser des BAES dans un logement, mais dans un ERP, l’installation doit être réalisée par un électricien qualifié et l’ensemble de l’installation doit être vérifiée par un organisme de contrôle agréé. La responsabilité du responsable d’établissement est engagée en cas de défaut de conformité.
Quels types de câbles utiliser pour raccorder des BAES dans un ERP ?
Les câbles utilisés pour l’alimentation des BAES dans les ERP doivent être de type CR1 (câbles résistants au feu à 750 °C pendant 1 heure) ou équivalent selon la norme NF C 32-070. Ces câbles maintiennent leur intégrité électrique même en cas d’incendie à proximité, garantissant ainsi le fonctionnement de l’éclairage de sécurité pendant l’évacuation.
Quelle est la durée d’autonomie minimale réglementaire d’un BAES ?
La durée d’autonomie minimale réglementaire d’un BAES est d’une heure (1 h) en éclairage de sécurité. Certains établissements à risques particuliers ou certains contrats de maintenance prévoient des appareils à autonomie étendue (3 heures ou plus). Cette autonomie doit être vérifiée annuellement et confirmée lors de la réception de l’installation.
Faut-il remplacer les batteries des BAES à intervalles réguliers même si elles semblent fonctionner ?
Oui. Les batteries des BAES se dégradent progressivement avec les cycles de charge et les années, même sans signe visible de défaillance. Les fabricants et la réglementation recommandent un remplacement systématique tous les 4 à 6 ans selon les modèles. Un bloc affichant une autonomie inférieure à 1 heure lors du test annuel doit être remplacé immédiatement, quelle que soit son ancienneté.
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Conclusion
L’installation des BAES est une opération technique qui ne laisse pas de place à l’approximation. Le respect des règles d’implantation, le choix de câbles adaptés et la réalisation de tests rigoureux à la mise en service constituent les fondements d’une installation fiable et conforme. La maintenance régulière permet ensuite de garantir dans la durée la disponibilité de l’éclairage de sécurité lorsqu’il sera vraiment nécessaire.
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