- Qu’est-ce qu’une colonne sèche ?
- Fonctionnement d’une colonne sèche
- Obligations réglementaires en ERP et habitation
- Colonne sèche ou colonne humide : quelles différences ?
- Norme NF S 61-750 et exigences techniques
- Vérifications annuelles et essais de pression
- Maintenance et entretien courant
- Questions fréquentes
La colonne sèche est un équipement de sécurité incendie présent dans de nombreux bâtiments en France. Elle permet aux sapeurs-pompiers d’acheminer rapidement l’eau sous pression dans les étages lors d’une intervention.
Souvent méconnue du grand public, cette canalisation vide en temps normal joue pourtant un rôle déterminant dans la lutte contre le feu. Son installation est encadrée par des obligations précises, et sa maintenance conditionne son bon fonctionnement le jour où elle est sollicitée.
Ce guide vous explique comment fonctionne une colonne sèche, dans quels bâtiments elle est obligatoire, et quelles vérifications sont requises pour rester en conformité.

Qu’est-ce qu’une colonne sèche ?
Une colonne sèche est une canalisation fixe installée verticalement dans un bâtiment. Elle reste vide en temps normal — d’où le terme « sèche » — et n’est alimentée en eau que lors d’une intervention des sapeurs-pompiers.
Concrètement, il s’agit d’une tuyauterie rigide en acier, raccordée en partie basse à un orifice d’alimentation accessible depuis la voie publique. À chaque niveau desservi, des prises de refoulement permettent aux pompiers de brancher leurs lances.
Les composants principaux
- Raccord d’alimentation (pied de colonne) : situé au rez-de-chaussée ou en façade, il reçoit le tuyau d’alimentation des pompiers.
- Canalisation verticale : tuyauterie en acier traversant les étages, diamètre 65 mm (colonne simple) ou 100 mm (colonne double).
- Prises de refoulement : raccords situés à chaque étage (ou à des niveaux définis), permettant le branchement des lances à incendie.
- Dispositif de vidange : situé en partie basse, il permet d’évacuer l’eau après utilisation pour éviter le gel ou la stagnation.

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Fonctionnement d’une colonne sèche
Le principe de fonctionnement d’une colonne sèche est simple. En situation normale, la canalisation est vide. Lorsqu’un incendie se déclare, les sapeurs-pompiers raccordent leur engin-pompe au raccord d’alimentation situé au rez-de-chaussée.
Découvrez notre guide complet sur le robinet d’incendie armé (RIA), un autre moyen de lutte fixe.
Déroulement d’une mise en service
- Les pompiers identifient le raccord d’alimentation au pied du bâtiment (signalétique normalisée).
- Ils raccordent le tuyau d’alimentation depuis leur fourgon-pompe.
- L’eau est envoyée sous pression dans la canalisation (pression de service entre 4 et 8 bars en général).
- À l’étage concerné, une équipe branche une lance sur la prise de refoulement.
- L’intervention peut commencer sans avoir à dérouler des tuyaux dans les escaliers.
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Obligations réglementaires en ERP et habitation
L’installation d’une colonne sèche n’est pas facultative dans certains types de bâtiments. La réglementation française impose sa présence selon la nature et la hauteur de la construction.
Les portes coupe-feu complètent le dispositif de sécurité passive.
En établissement recevant du public (ERP)
Pour les établissements recevant du public, l’article MS 18 de l’arrêté du 25 juin 1980 impose une colonne sèche dès que le dernier étage accessible au public dépasse le niveau du plan d’intervention des secours.
| Type de bâtiment | Condition | Colonne sèche |
|---|---|---|
| ERP (tous types) | Dernier étage > 18 m du niveau d’accès pompiers | Obligatoire |
| ERP de 5ème catégorie | Selon avis commission de sécurité | Possible |
| Habitation (code CCH) | Plancher bas du logement le plus haut > 28 m (environ R+7) | Obligatoire |
| IGH (immeuble grande hauteur) | Tous les IGH (> 28 m habitation, > 50 m bureaux) | Obligatoire (souvent colonne humide) |
La commission de sécurité peut également imposer une colonne sèche dans un bâtiment ne remplissant pas ces critères si l’accès des secours est jugé insuffisant. C’est notamment le cas pour certains bâtiments de collectivités ou immeubles de bureaux avec des configurations particulières.
Découvrez les catégories ERP de 1 à 5 et leurs obligations en matière d’équipement.
Colonne sèche ou colonne humide : quelles différences ?
La confusion entre colonne sèche et colonne humide est fréquente. Pourtant, ces deux équipements répondent à des logiques d’installation et d’utilisation très différentes.
| Critère | Colonne sèche | Colonne humide |
|---|---|---|
| État en temps normal | Vide (sans eau) | Pleine (sous pression permanente) |
| Alimentation | Par les pompiers (engin-pompe) | Par le réseau d’eau ou surpresseur |
| Utilisateur | Sapeurs-pompiers uniquement | Pompiers + personnel formé |
| Bâtiments concernés | ERP > 18 m, habitations > 28 m | IGH principalement (> 50 m) |
| Maintenance | Vérification annuelle + essai pression | Maintenance continue (pompe, réserve) |
| Coût d’installation | Modéré | Élevé (surpresseur, réserve d’eau) |
Norme NF S 61-750 et exigences techniques
La conception, l’installation et la maintenance des colonnes sèches sont encadrées par la norme NF S 61-750. Cette norme définit les caractéristiques techniques que doivent respecter les installations.
Principales exigences de la norme
- Matériaux : canalisation en acier (résistance à 16 bars minimum).
- Diamètre : 65 mm (colonne simple, 1 prise par étage) ou 100 mm (colonne double, 2 prises par étage).
- Raccords : conformes aux normes NF (demi-raccords symétriques de 65 mm, type pompier).
- Signalétique : plaque signalétique normalisée au niveau du raccord d’alimentation et à chaque prise d’étage.
- Vidange : dispositif de vidange en partie basse, obligatoire pour éviter le gel et la corrosion.
- Étanchéité : résistance à une pression d’épreuve de 16 bars pendant 2 heures sans fuite.
La norme précise également les conditions de pose : protection contre les chocs, accessibilité des prises, distance maximale entre les prises et les accès aux locaux.
Vérifications annuelles et essais de pression
Une colonne sèche installée ne suffit pas. Encore faut-il qu’elle soit fonctionnelle le jour où les pompiers en ont besoin. La réglementation impose des vérifications périodiques pour garantir son bon état.
Vérifications annuelles obligatoires
L’arrêté du 25 juin 1980 (article MS 73) et le code de la construction imposent une vérification annuelle réalisée par un technicien compétent ou un organisme agréé. Cette vérification comprend :
| Point de contrôle | Détail |
|---|---|
| Accessibilité du raccord d’alimentation | Libre d’accès, signalétique visible, capuchon en place |
| État des prises d’étage | Raccords non endommagés, bouchons présents, joints en bon état |
| Essai de pression | Mise sous pression à 16 bars pendant 2 heures sans perte de charge |
| Dispositif de vidange | Fonctionnel, vidange complète possible après l’essai |
| Signalétique | Plaques normalisées présentes et lisibles à chaque niveau |
| Corrosion / état général | Absence de rouille perforante, fixations solides |

Essai de pression : le test clé
L’essai de pression (ou essai hydrostatique) est l’élément central de la vérification. Il consiste à remplir la colonne d’eau et à la maintenir sous une pression de 16 bars pendant 2 heures. Aucune fuite ni perte de pression significative ne doit être constatée.
Si l’essai révèle une fuite, la colonne est déclarée non conforme. Les réparations doivent être effectuées avant un nouvel essai de réception.
Maintenance et entretien courant
Au-delà de la vérification annuelle obligatoire, un entretien régulier garantit la longévité et la fiabilité de la colonne sèche.
L’alarme de type 4 complète les équipements de sécurité des ERP.
Entretien préventif recommandé
- Tous les trimestres : vérification visuelle du raccord d’alimentation (accès libre, capuchon en place, absence de dégradation).
- Tous les 6 mois : contrôle des prises d’étage (joints, bouchons, état des raccords).
- Après chaque utilisation : vidange complète, vérification de l’étanchéité, remplacement des joints si nécessaire.
- En période de gel : s’assurer que la vidange a été effectuée après toute mise en eau (l’eau résiduelle peut geler et endommager la canalisation).
Qui réalise la maintenance ?
La maintenance peut être réalisée par un prestataire spécialisé en sécurité incendie ou par le service technique de l’établissement s’il dispose des compétences requises. Pour les ERP, il est recommandé de faire appel à un organisme certifié qui délivrera une attestation de conformité.
La mise aux normes incendie d’un bâtiment inclut systématiquement le contrôle des colonnes sèches existantes et, le cas échéant, leur remplacement ou leur remise en conformité.
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Hexia Sécurité réalise les essais de pression, les vérifications annuelles et les mises en conformité de colonnes sèches en région lyonnaise.
Questions fréquentes sur la colonne sèche
Quelle est la différence entre une colonne sèche et un RIA ?
Le RIA (robinet d’incendie armé) est un équipement de première intervention utilisable par le personnel du bâtiment, alimenté en permanence par le réseau d’eau. La colonne sèche est réservée aux sapeurs-pompiers et reste vide en temps normal. Les deux équipements sont complémentaires et peuvent coexister dans un même bâtiment.
À quelle fréquence faut-il vérifier une colonne sèche ?
La vérification complète avec essai de pression est obligatoire une fois par an. Un contrôle visuel trimestriel du raccord d’alimentation et des prises d’étage est également recommandé pour détecter toute anomalie entre deux vérifications annuelles.
Qui est responsable de l’entretien de la colonne sèche ?
Le propriétaire ou l’exploitant du bâtiment est responsable de l’entretien et de la vérification périodique. En copropriété, cette responsabilité incombe au syndic. Pour les ERP, l’exploitant doit pouvoir présenter les rapports de vérification à la commission de sécurité.
Une colonne sèche est-elle obligatoire dans un immeuble d’habitation ?
Oui, si le plancher bas du logement le plus haut se situe à plus de 28 mètres du sol (environ R+7). En dessous de ce seuil, les pompiers peuvent intervenir avec leurs moyens classiques (échelle, tuyaux). Au-delà, la colonne sèche (ou humide pour les IGH) est obligatoire.
Combien coûte l’installation d’une colonne sèche ?
Le coût varie selon la hauteur du bâtiment, le nombre d’étages desservis et la complexité de l’installation. Comptez entre 3 000 et 8 000 € pour une colonne sèche standard de 5 à 10 étages, pose comprise. La vérification annuelle coûte généralement entre 200 et 500 €. Demandez un devis personnalisé pour obtenir une estimation précise.

