
En bref
- Tout chantier BTP doit disposer d’au moins un extincteur par tranche de 200 m², accessible en moins de 15 mètres.
- Les articles R4227-28 à R4227-33 du code du travail imposent une vérification annuelle par un technicien qualifié.
- Les travaux par points chauds (soudure, meulage, découpage) exigent un extincteur supplémentaire à moins de 3 mètres de la zone.
- Le coordinateur SPS et le PPSPS définissent le nombre, le type et l’emplacement précis des extincteurs sur chaque chantier.
- En cas de non-conformité, l’inspecteur du travail peut ordonner l’arrêt immédiat du chantier.
Sommaire
Réglementation des extincteurs sur chantier BTP
La réglementation française impose des obligations précises en matière d’équipements de lutte contre l’incendie sur les chantiers du bâtiment et des travaux publics. Trois textes constituent le socle juridique que tout maître d’ouvrage, coordinateur SPS et chef de chantier doivent connaître.
Le code du travail, dans ses articles R4227-28 à R4227-33, définit les exigences minimales en termes d’extincteurs dans les lieux de travail, y compris les chantiers temporaires. Le décret du 8 janvier 1965 (modifié) relatif aux mesures de protection sur les chantiers BTP complète ces dispositions. Enfin, les recommandations OPPBTP (Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics) précisent les bonnes pratiques adaptées au terrain.
Article R4227-28 du code du travail : « L’employeur prend les mesures nécessaires pour que tout commencement d’incendie puisse être rapidement et efficacement combattu dans l’intérêt du sauvetage des travailleurs. »
Sur un chantier, contrairement à un bâtiment achevé, la configuration des lieux évolue en permanence. Les accès changent, les zones de stockage se déplacent, les risques varient selon la phase de construction. Cette particularité impose une adaptation continue du dispositif de sécurité incendie tout au long du chantier.
Attention : chantier temporaire ne signifie pas obligations allégées
Même si un chantier dure quelques semaines, les obligations en matière d’extincteurs s’appliquent dès le premier jour de travaux. L’absence d’extincteur constitue une infraction passible de sanctions pénales et peut entraîner l’arrêt immédiat du chantier par l’inspection du travail.
Combien d’extincteurs faut-il sur un chantier ?
Le nombre d’extincteurs requis sur un chantier BTP dépend de plusieurs critères : la surface du chantier, la nature des travaux, les matériaux stockés et le nombre de travailleurs présents. Le code du travail fixe la règle de base, que le coordinateur SPS adapte dans le PPSPS.

Règle de base : 1 extincteur par tranche de 200 m²
L’article R4227-29 impose un minimum d’un appareil pour 200 m² de surface au sol, avec une distance maximale de 15 mètres entre chaque poste de travail et l’extincteur le plus proche. Sur un chantier, cette règle se traduit concrètement par le tableau suivant.
| Surface du chantier | Extincteurs minimum (6 kg poudre ABC) | Extincteurs supplémentaires (points chauds) | Total recommandé |
|---|---|---|---|
| Moins de 200 m² | 1 | 1 par zone de soudure | 2 à 3 |
| 200 à 500 m² | 2 à 3 | 1 à 2 | 3 à 5 |
| 500 à 1 000 m² | 3 à 5 | 2 à 3 | 5 à 8 |
| 1 000 à 3 000 m² | 5 à 15 | 3 à 5 | 8 à 20 |
| Plus de 3 000 m² | 15+ | Selon analyse risques | Sur mesure (PPSPS) |
Ces chiffres correspondent au minimum réglementaire. Sur les chantiers de la métropole de Lyon, les coordinateurs SPS appliquent souvent des marges supplémentaires en raison de la densité urbaine et de la proximité des bâtiments voisins.
Conseil pratique Hexia Sécurité
Prévoyez toujours un extincteur supplémentaire dans les bases vie (cantonnements, réfectoires, vestiaires). Ces locaux temporaires sont souvent oubliés dans les plans de sécurité incendie, alors qu’ils concentrent des risques électriques et d’échauffement. Notre équipe à Lyon vous aide à calculer le nombre exact d’extincteurs adapté à votre chantier.
Quel type d’extincteur pour quel risque de chantier ?
Un chantier BTP présente des risques d’incendie variés : matériaux solides (bois de coffrage, isolants), liquides inflammables (solvants, peintures, hydrocarbures), gaz (propane, acétylène) et équipements électriques (armoires de chantier, groupes électrogènes). Chaque classe de feu nécessite un type d’extincteur adapté.
| Zone de chantier | Risques principaux | Classe de feu | Extincteur recommandé |
|---|---|---|---|
| Zone de coffrage / charpente | Bois, isolants, plastiques | A (solides) | Eau pulvérisée + additif 6 L |
| Stockage carburants / solvants | Hydrocarbures, peintures | B (liquides) | Poudre ABC 6 kg ou mousse |
| Zone de soudure / découpage | Acétylène, propane, projections | B + C (gaz) | Poudre ABC 9 kg |
| Armoire électrique / groupe électrogène | Court-circuit, échauffement | Risque électrique | CO2 5 kg |
| Base vie (cantonnements) | Électrique + papier + cuisine | A + risque élec. | Poudre ABC 6 kg |
| Toiture / étanchéité (chalumeau) | Bitume, membranes, flamme nue | A + B | Poudre ABC 9 kg + eau 6 L |
Sur la plupart des chantiers, l’extincteur poudre ABC 6 kg est l’appareil de référence car il couvre les trois classes de feu les plus courantes. Cependant, pour les zones à risque électrique, un extincteur CO2 reste indispensable car la poudre endommage les équipements électroniques.
Zones à risques : travaux par points chauds

Les travaux par points chauds représentent la première cause d’incendie sur les chantiers BTP en France. Soudure à l’arc, meulage, découpage au chalumeau, brasage : chaque opération générant des étincelles ou des projections incandescentes impose un protocole spécifique.
Le permis de feu : un document obligatoire
Avant tout travail par point chaud, le chef d’établissement (ou le maître d’ouvrage sur un chantier) doit délivrer un permis de feu. Ce document, renouvelé chaque jour, précise les mesures préventives à mettre en place et désigne nommément le responsable de la surveillance.
Le permis de feu impose notamment :
- Un extincteur adapté à moins de 3 mètres de la zone de travail, prêt à l’emploi.
- Le dégagement de tout matériau combustible dans un rayon de 5 mètres minimum.
- La présence d’un surveillant formé pendant toute la durée des travaux et 2 heures après.
- La vérification des locaux adjacents et des niveaux inférieurs (risque de propagation par les trémies, gaines et planchers).
Sinistralité chantier : les chiffres qui alertent
Selon l’OPPBTP, les travaux par points chauds sont à l’origine de 30 % des incendies sur chantier. Dans la région lyonnaise, les interventions des pompiers sur des départs de feu en chantier BTP ont augmenté de 12 % entre 2023 et 2025, principalement lors des phases de gros œuvre et de couverture.
Surveillance post-travaux : la règle des 2 heures
L’OPPBTP recommande une surveillance active de 2 heures après la fin des travaux par points chauds. Pendant cette période, l’extincteur doit rester sur place et le surveillant doit inspecter régulièrement la zone, y compris les parties cachées (faux plafonds, gaines techniques, isolants derrière les cloisons).
Cette consigne est souvent négligée en fin de journée, lorsque les équipes souhaitent quitter le chantier. Pourtant, un départ de feu couvant peut se déclarer plusieurs heures après la fin des travaux, lorsqu’il n’y a plus personne pour intervenir.
Équipements par phase de chantier
Les besoins en matière de sécurité incendie évoluent au fil de l’avancement du chantier. Le tableau ci-dessous synthétise les équipements recommandés à chaque phase majeure d’un projet de construction.
| Phase de chantier | Risques spécifiques | Extincteurs requis | Équipements complémentaires |
|---|---|---|---|
| Terrassement / fondations | Carburants engins, gaz | Poudre ABC 6 kg (1 par engin + 1 réserve) | Bac à sable, couverture anti-feu |
| Gros œuvre / structure | Soudure, meulage, coffrage bois | ABC 9 kg (zones chauds) + eau 6 L (coffrage) | Permis de feu, surveillance 2h |
| Couverture / étanchéité | Chalumeau, bitume, membranes | ABC 9 kg + eau 6 L (en toiture) | Permis de feu, protection plancher |
| Second œuvre / finitions | Peintures, solvants, électrique | ABC 6 kg + CO2 5 kg (armoires élec.) | Ventilation, stockage séparé solvants |
| Aménagements extérieurs | Enrobé, bitume, végétalisation | ABC 6 kg (1 par zone active) | Point d’eau, bac à sable |
À chaque changement de phase, le coordinateur SPS doit mettre à jour le plan d’évacuation et vérifier que les extincteurs sont repositionnés en fonction des nouvelles zones de travail actives.
PPSPS et coordination sécurité incendie
Le Plan particulier de sécurité et de protection de la santé (PPSPS) est le document central de la prévention incendie sur chantier. Rédigé par chaque entreprise intervenante et validé par le coordinateur SPS, il définit concrètement la stratégie de protection contre le feu.
Ce que doit contenir le PPSPS en matière d’incendie
Un PPSPS conforme aux exigences de l’OPPBTP comprend obligatoirement :
- L’inventaire des risques d’incendie propres à chaque phase de travaux.
- Le plan d’implantation des extincteurs avec les emplacements, types et quantités.
- Les procédures d’alerte et d’évacuation du chantier.
- Le nom du responsable sécurité incendie et son remplaçant.
- Les formations dispensées aux ouvriers (manipulation des extincteurs, évacuation, premiers secours).
- Les numéros d’urgence et les accès pour les secours.

Responsabilité du coordinateur SPS
Le coordinateur SPS, désigné par le maître d’ouvrage dès que deux entreprises ou plus interviennent sur le même chantier, a un rôle déterminant. Il veille à la cohérence des mesures de sécurité incendie entre les différents lots et arbitre les situations à risque.
En cas de carence du coordinateur SPS, la responsabilité remonte au maître d’ouvrage. Sur les chantiers de la métropole de Lyon, les DIRECCTE (devenues DREETS) effectuent des contrôles inopinés qui portent fréquemment sur la présence et l’état des extincteurs.
Bon à savoir : co-activité et responsabilité partagée
Lorsque plusieurs entreprises interviennent simultanément (électricien, plombier, couvreur), chacune est responsable de ses propres extincteurs. Cependant, le coordinateur SPS doit s’assurer que le dispositif global est cohérent et qu’aucune zone n’est laissée sans protection. Cette coordination est particulièrement critique sur les grands chantiers lyonnais où 10 à 20 corps de métier peuvent cohabiter.
Vérification et maintenance sur chantier
Les conditions difficiles d’un chantier BTP (poussières, intempéries, chocs, déplacements fréquents) soumettent les extincteurs à des contraintes bien supérieures à celles d’un bâtiment achevé. La vérification régulière est donc encore plus importante.
Vérification visuelle quotidienne
Chaque matin, avant le début des travaux, le chef de chantier ou son délégué doit effectuer une vérification visuelle rapide :
- L’extincteur est-il à son emplacement prévu ?
- Le plombage et la goupille sont-ils intacts ?
- Le manomètre est-il dans la zone verte (appareils à pression permanente) ?
- L’accès est-il dégagé (pas de matériel stocké devant) ?
- L’étiquette de dernière vérification est-elle lisible ?
Vérification annuelle par un technicien qualifié
Conformément à l’article R4227-29 du code du travail et à la norme NF S 61-919, chaque extincteur doit faire l’objet d’une vérification annuelle par un technicien certifié. Cette obligation s’applique même si l’extincteur a été acheté récemment. Sur les chantiers longs (plus de 12 mois), la vérification annuelle doit être planifiée dans le calendrier du chantier.
Service Hexia Sécurité pour les chantiers BTP
Nos techniciens certifiés interviennent directement sur les chantiers de Lyon et de la région Rhône-Alpes pour la vérification et la maintenance de vos extincteurs. Nous adaptons notre calendrier à l’avancement de votre chantier pour garantir une conformité permanente. Contactez-nous au 04 87 22 13 00.
Signalétique et accès aux extincteurs

La signalétique sur chantier remplit un double rôle : permettre à tout intervenant de localiser rapidement un extincteur et guider les services de secours en cas d’intervention.
Règles de signalétique incendie sur chantier
La signalisation des moyens de lutte contre l’incendie doit respecter la norme NF EN ISO 7010 :
- Panneaux carrés rouges avec pictogramme blanc indiquant la position de chaque extincteur.
- Hauteur de pose : le panneau doit être visible à une distance de 15 mètres minimum.
- Éclairage : si la zone est peu éclairée (sous-sol, parking souterrain en construction), des panneaux photoluminescents ou rétrofléchissants sont nécessaires.
- Flèches directionnelles quand l’extincteur n’est pas visible directement depuis les voies de circulation du chantier.
Sur un chantier qui évolue chaque semaine, la signalétique doit être déplacée en même temps que les extincteurs. Un panneau qui indique un extincteur retiré depuis deux semaines est pire que l’absence de panneau : il crée un faux sentiment de sécurité.
Hauteur et support de fixation
L’extincteur doit être installé de manière à ce que la poignée de portage soit à une hauteur maximale de 1,50 mètre du sol. Sur un chantier, les fixations murales classiques sont rarement possibles. Les solutions alternatives comprennent :
- Les supports sur pieds mobiles (trépied métallique) — idéaux pour les zones de travail qui changent fréquemment.
- Les coffrets de chantier résistants aux intempéries et aux chocs — adaptés aux zones exposées.
- Les crochets sur poteaux de signalisation existants — solution économique pour les chantiers linéaires (voirie, réseaux).
Chantiers BTP à Lyon et en métropole
La métropole de Lyon connaît une activité BTP soutenue, avec plusieurs centaines de chantiers actifs en permanence. Quartiers de la Part-Dieu, Confluence, Gerland, presqu’île : les projets de construction et de réhabilitation se multiplient, chacun avec ses contraintes spécifiques en matière de sécurité incendie.
Particularités des chantiers urbains lyonnais
Les chantiers en milieu urbain dense présentent des risques supplémentaires par rapport aux chantiers en zone périurbaine :
- Proximité des bâtiments occupés : un incendie de chantier peut se propager aux immeubles voisins. Les extincteurs doivent couvrir aussi les zones de mitoyenneté.
- Accès restreints pour les secours : dans les rues étroites du Vieux Lyon ou de la Croix-Rousse, les engins de lutte contre l’incendie ont un accès limité. Le dispositif autonome du chantier doit être dimensionné en conséquence.
- Stockage contraint : le manque d’espace pousse à stocker matériaux inflammables et extincteurs dans des zones rapprochées, ce qui impose une vigilance accrue.
Hexia Sécurité accompagne les entreprises du BTP lyonnais depuis la phase de conception du PPSPS jusqu’à la réception du chantier. Nous connaissons les exigences des commissions de sécurité locales et les spécificités des arrondissements de Lyon.
Questions fréquentes
Quel extincteur est obligatoire sur un chantier BTP ?
Le code du travail (article R4227-29) impose au minimum un extincteur à poudre ABC de 6 kg par tranche de 200 m² de surface au sol. Pour les zones de travaux par points chauds (soudure, découpage, meulage), un extincteur supplémentaire de 9 kg doit être placé à moins de 3 mètres. Les armoires électriques et groupes électrogènes nécessitent un extincteur CO2 de 5 kg. Le PPSPS du chantier précise les types et quantités exacts.
Combien d’extincteurs faut-il sur un chantier de 1 000 m² ?
Pour un chantier de 1 000 m², le minimum réglementaire est de 5 extincteurs poudre ABC de 6 kg (1 par tranche de 200 m²). En pratique, avec les zones de travaux par points chauds, les armoires électriques et la base vie, le total recommandé se situe entre 8 et 12 appareils. Le coordinateur SPS définit le nombre exact dans le PPSPS en fonction de l’analyse des risques propres au chantier.
Qui est responsable des extincteurs sur un chantier ?
La responsabilité est partagée. Chaque entreprise intervenante est responsable des extincteurs de ses propres zones de travail. Le coordinateur SPS veille à la cohérence globale du dispositif et le maître d’ouvrage porte la responsabilité ultime. En cas de co-activité (plusieurs corps de métier simultanément), le coordinateur SPS arbitre et le PPSPS répartit clairement les responsabilités.
Faut-il un permis de feu pour souder sur un chantier ?
Oui, le permis de feu est obligatoire pour tout travail par point chaud sur un chantier : soudure, meulage, découpage au chalumeau, brasage. Ce document est délivré par le chef d’établissement (ou le maître d’ouvrage) et renouvelé chaque jour. Il impose la présence d’un extincteur à moins de 3 mètres, le dégagement des combustibles dans un rayon de 5 mètres et une surveillance de 2 heures après la fin des travaux.
À quelle fréquence doit-on vérifier les extincteurs de chantier ?
Trois niveaux de vérification s’appliquent. Une vérification visuelle quotidienne (emplacement, plombage, manomètre) par le chef de chantier. Une vérification trimestrielle recommandée par l’OPPBTP sur les chantiers de longue durée. Et une vérification annuelle obligatoire par un technicien certifié selon la norme NF S 61-919, conformément à l’article R4227-29 du code du travail. Sur les chantiers exposés (intempéries, poussière), des contrôles plus fréquents sont recommandés.
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Article rédigé par l’équipe technique Hexia Sécurité, spécialiste de la sécurité incendie à Lyon depuis plus de 10 ans. Dernière mise à jour : mars 2026. Sources : code du travail (articles R4227-28 à R4227-33), recommandations OPPBTP, norme NF S 61-919.

